YMANE FAKHIR

THE LION'S SHARE

Dans The Lion’s share, Ymane Fakhir transforme un système abstrait de calcul en une expérience visuelle. Le partage de l’héritage — généralement régi par des chiffres, des règles et des cadres juridiques — devient ici un langage plastique. À travers des sérigraphies composées exclusivement de points, l’artiste matérialise les parts attribuées à chaque héritier, donnant une forme visible à ce qui demeure habituellement invisible.

 

Ce réseau de points rend perceptible ce que la loi et la tradition codifient : l’écart, la hiérarchie, la dissymétrie. Chaque point agit comme une unité de mesure, mais aussi comme une trace. Les vides y sont aussi signifiants que les accumulations : ils désignent ce qui manque, ce qui est retranché, ce qui n’entre pas dans le calcul.

Les œuvres sont construites à partir des règles de succession issues du droit marocain, selon lesquelles la part des hommes est traditionnellement double de celle des femmes. Par la couleur et la distribution spatiale, Fakhir rend lisibles les mécanismes de privilège et d’exclusion.

 

Si la méthode de l’artiste peut évoquer le minimalisme et l’art conceptuel — par la répétition, la systématicité et la rigueur du protocole — son travail ne se réduit pas à un exercice formel. Derrière l’apparente neutralité du calcul se dessinent des histoires familiales, des rapports de pouvoir et des héritages à la fois matériels et symboliques.

Dans The Lion’s share, l’inégalité cesse d’être un concept : elle devient un espace de regard, de réflexion et de dialogue.

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